sans vouloir voir

PDVD_000

//Un matin je me suis levé et je n’ai plus rien vu plus rien su, ni près ni proche, ni de loin ni de visu. Je me suis levé et de tout ce que je savais déjà chaque éclat s’était perdu. Je veux ce que Dieu veut [je me suis dit ça] oui je veux!, moi je veux ce qu’il veut [mais pas si simple de dire je veux]. Et même s’il m’aime ?, oh oui d’ailleurs même : savoir ce qu’il veut est plus, bien plus et bien autre chose que même le mystère dense de ce qui se vit ici-bas quand on aime. ha-ha ! ni ouais ni oui ni oui-mais, ni vraiment non : savoir ce que pour moi veut Dieu ? ni leurre ni jeu !

//Et las hélas, me voici toujours en vie à ne pas savoir ce que Dieu veut en clair pour ma vie et mon moi : je  choisis j’ai choisi je choisirai de me lever et d’aller là où il dit d’aller une fois sept fois et plus de septante-sept fois sept fois, et aller là où le temps d’un trait restera suspendu aux lèvres de mon choix, de mon élan et de mon pas, tout fébrile tout autant que vivant me voilà :  à aller à marcher à tracer à désirer le plus haut le plus loin en promettant-jurant de ne plus geindre ni miauler mais bien plutôt de faire de parfaire de croire sans voir et de rejoindre le choix qu’il a posé pour ma vie : vivre en équilibre et en profondeur, en matière en ardeur en teneur, dans l’amoureuse intensité d’un comestible bonheur, en posant le genou et en priant heure par heure par heure, face contre sol, joue contre les larmes et le froid, en formant au-dedans de moi l’intense bonheur de savoir le pan amoureux de mon choix, en comblant à toutes forces l’immense creux de mon manque de foi : aimer sa vie pour aimer ma vie, dans ses bras mouler mon cœur, dans son pas tracer mon pas, mes larmes mes joies mes heures, le suivre sans compte ni fin de demain en lendemain et enfin brasser l’or fin, toucher l’eau le sang et le pain, et dans cette eau d’au-delà tremper mes mains, mon cœur, mon souffle et mes reins.

//Un matin je me suis levé et j’ai vu ce que j’attendais de voir, non pas moi dans le miroir, non pas moi en écho du doux désespoir de ne jamais vraiment voir ce que je crois devoir voir de moi, car non, ça non, je n’attends plus ça, rien à vendre. J’ai passé l’âge des mirages tendres. Donc non!, puis à nouveau oui! : ce matin-là je me suis levé et soudain je me suis vu là comme ici , très apaisé, très vivant et un nouveau moi enfin reposé, enfin posé, et point : j’ai vu. Au-dehors les voitures, les passages, les allées et venues, et à fond de balle le chahut. Mais dedans, au-dedans maintenant se déchire enfin le voile, l’air qui circule est léger au vent comme un coton de fine toile, et le son de mon cœur en forme de battement lent et peu banal d’une vie enfin en mouvement. En mouvement pour le coup, et de ce mouvement le son leste et doux. Je me suis levé non par défi mais par désir, non par fatigue mais par plaisir. Si j’ai vécu le tilt, le crash, la peur, le kick le game-over, là c’est tout et c’est assez, basta la peur. Autre chose ! [j’ai dit] je veux autre chose que ma vie jusqu’ici, je vaux ta vie. Viens ! [j’ai crié ça], si la vie que tu dis est la vie que tu es toi, toi celui qui dit, qui est, qui dit qu’il vit, qui dit qu’il est. Tu crois en moi, et tu le dis que tu crois.

//Maintenant [ok!], pigé ciblé et à nouveau renouvelé, c’est à moi de dire, parler, proclamer, clamer : ma vie n’est pas un enjeu creux mais un mouvement de foi, le choix de croire sans vouloir voir et ce n’est pas peu. Oui si en toi je crois en moi je crois. Oh le feu de le dire : je crois!

*sans vouloir voir – (c) vincent smetana // speculoos 2012

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