tu as ma parole

Je sais que tu sais où je suis. Je viens je sais je sonde ce qui en moi abonde, mon coeur s’ouvre et s’énonce, ma volonté se plie et je prie. Et je prie. Et je m’élance et je m’avance et je me dis. Et je me dis : je me dis c’est ta parole, cette parole que voici, la voici. La voici. la voici celle  que je veux toucher que je veux manger celle que je veux comprendre, que je veux étendre vers ce qui est au-devant de moi, vers mon futur mon lendemain mon infini. Cet in-fini qui veille au plus profond de mon en-dedans, là où git en germe et le jour et l’élan et l’allure et le temps. Et le temps ! Et le temps de ton souffle dans mes voilures. Sois ma nourriture, mon sol, mon liant, mon armature. De ta parole la merveille, l’adage et l’abandon, de tes mots de tous tes mots le voyage et le don. Toi tu dis tu moi je dis toi, tu me le dis et me voici. De toi la vie et le goût de l’immense et fertile silence. C’est en ton nom que je prononce. Tu es celui qui. Voilà. Je l’ai dit. Tu as ma parole.

Extrait de la BO du projet #10Paroles (édition juin 2015).

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dix paroles

« Ce qu’on appelle depuis tant de temps les dix commandements sont à vrai dire dix paroles simples, amoureuses et lisibles, qui sèment aujourd’hui encore possiblement pour chacune de nos vies du sens, de l’amplitude, de l’émerveillement. Ces dix paroles ne sont pas de l’ordre de la morale, de l’avoir ou du devoir ni même de l’interdit ou d’une forme de loi : le fondement des ces dix paroles, c’est l’être, et le langage de l’être comme une forme d’éthique qui consiste à regarder le monde, à le connaitre, à le construire. Comment pouvons-nous être plus, comment pouvons-nous être meilleurs, comment pouvons-nous être pleinement humains ? Les dix paroles fondent une dynamique de vie et de désir en chaque être humain, la joie d’être et de pouvoir enfin dire j’existe, dire je suis.  »

Introduction à la série vidéo homonyme, produite par le collectif scraatch!et dont le contexte sonore fera l’objet d’une édition digitale et physique (cd) au printemps 2015.

tout ce qui restera (16mm Edit)

dis-moi si ce qui restera serait / ce qui s’est fait et puis défait / ce que j’ai tenté ce que j’ai osé ce que j’ai rêvé / à marée basse un déjeuner, ou quelques pas sur la jetée / une tache qui est restée sur le miroir de mes mensonges, de mes ratés / dis-moi si ce qui restera serait / une envolée que j’ai rêvée / le fort désir de retenir ta paume contre ma nuque serrée / l’écume, la sève de nos baisers / les choix de foi que je n’ai pas eu, pas eu la force de comprendre, de poser

tout ce qui restera de nous / nous étreint puis nous échappe malgré tout / c’est celle qui restera de nous / la trace échappée hors nos corps hors nos coeurs / malgré nous

Dis-moi si ce qui restera serait / ce qu’on s’est dit ce qu’on ne s’est pas dit / les mots que j’ai pas su trouver / qui n’ont pas su se déposer sur mes lèvres / se former, s’épanouir, s’envoler / te rejoindre, t’émouvoir, te toucher / dis-moi si ce qui restera serait / ce que j’ai crié ce que j’ai tu / mes héritages mes absolus tous mes absurdes malentendus / mes maladresses, mes silences, mes défauts de tendresse, mes défaillances / Oh mes défaillances, bien sûr j’y pense /

extrait de Territoires Intimes (vol.1) – (c) SpeculoosMusic 2014

à nous voir (#SongsNotBombs)

Rien trouver de mieux que démolir, saper, défaire / Insulter, humilier, faire manger la poussière / Dénoncer, rabaisser, à genoux face à terre / Jouir, jouir, jouir de tout foutre en l’air / Ouvrir la bouche pour autre chose que des orties, des semonces / Autre chose que des mots en bouquets de ronces / Ouvrir les bras à ce qui ne nous ressemble pas / Inspirer, assembler, faire d’autres choix / Parce qu’à nous voir / A nous voir on pourrait croire qu’on prend plaisir à tout détruire / A nous voir / A nous voir on croirait pas qu’on peut mieux faire / Pourtant c’est clair on peut mieux faire / On peut mieux faire

#SongsNotBombs contest / Oct14 Théâtre de la Monnaie

 

territoires intimes (vol.1)

Pour rejoindre mon jardin de silence, il m’a fallu fouler chaque saison de détresse, de doute et d’absence. Et je la vois là au-devant, la route longue qui toujours délie sa langue sèche, d’asphalte et de chaud tarmac revêche, longtemps j’attends jusqu’à temps que le ciel bas déchire la poche d’eau de son ventre gras, et que tout le gris au-dedans de lui se précipite vers le bas, vers le sol, vers ici où je suis, ici où je prie que vienne la pluie enfin, lisse et moite sur la peau des joues, goûteuse à l’aube de mes rêves et de mes jours sans, gifle de frais, fougères, sauge, piment. Et que la pluie venue éveille l’envie de la boue tiède et des pieds nus dedans, du sentier sauvage et des herbes molles, toutes mes attentes et mes larmes folles, là où marcher vers du vivant, là où marcher vers là où mon coeur tend.

*territoires intimes (vol.1) / EP 5 titres en édition digitale (sept #14)

*livret 16 pp. en tiré-à-part.

pas tout le monde

A ce qui parait tout le monde s’en fout / A ce qui parait tout le monde s’en fout de tout, de toi / A ce qui parait / On peut cracher sur les étoiles / On peut insulter les nuages / On peut mentir violer tricher / A ce qui parait tout le monde s’en fout de tout, de toi / A ce qui parait / On nous fait manger des conneries / On en bave tous d’être une barbie / La nouvelle star dans une Corvette / Ni Dieu ni maître / Tout le monde s’en fout de tout / A ce qui parait tout le monde s’en fout de tout, de toi / Mais je ne suis pas tout le monde / J’ai ton regard posé sur moi / J’ai ton désir de voir en moi / Qui je suis / En toi je suis vivant.

*le grand bouleversement CD & LP numérique + un bouquin tiré-à-part de 150 pp (récit & autres textes) :: (c) speculoos Music / Believe !

de quoi vivre

Oh dites-moi / En quoi j’aurais tort d’y mettre tout ce que j’ai encore à donner de moi / J’ai de quoi vivre avec cette espérance / de quoi vivre / D’innocence et de foi, et de foi / Quelque part d’où partent les espoirs / Et les saisons qui les séparent / J’ai vu quelque chose dans l’abîme, une histoire / Qui fait que j’ai envie d’y croire :: Oh Jésus ! / Ce que j’ai vu j’ai vu / Oh j’ai vu ! /  vu / Je t’ai vu toi / Et depuis ce jour et ce feu qui brûle en moi / Les ombres et leurs contours s’animent à chaque fois / Que j’y apporte un peu, porte un peu / Un peu d’amour / que j’y apporte un peu de moi / Quelque part d’où naissent les étoiles / Dans l’univers où elles s’installent, sans fin / J’ai trouvé l’indice qui me ramène sans long détour / A ce que j’aime. Enfin ! :: Ostrini/Smetana

*le grand bouleversement CD & LP numérique + un bouquin tiré-à-part de 150 pp (récit & autres textes) :: (c) speculoos Music / Believe !